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Doyenné Haubourdin Weppes <span>Diocèse de Lille</span>
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Qui est le vrai Vincent Cordonnier ?

« Vincent, tu n’as pas le droit de représenter Dieu ! ». Alors, il a obéi. À la façon des musulmans, le visage de Dieu n’apparaît quasiment pas dans son œuvre.

Qui est le vrai Vincent Cordonnier ? L’homme qui aligne des mots d’une grande sagesse, parmi cinquante autres auteurs, dans la rubrique « Le Regard » de « La Voix du Nord » ? L’homme de sciences, qui est allé enseigner l’informatique à l’autre bout du monde ? Le Lillois, le Flamand de 76 ans, qui associe dans le cœur l’image asséchante du désert de Pilbara, en Australie occidentale, et les espérances tourmentées de nos ciels flamands ? Le père de famille, le patriarche, qui couve du regard ses trois enfants et ses neuf petits-enfants ? Ou le peintre, celui qui aurait aimé vivre de son art, celui qui l’a mis de côté pour assurer le gîte et le couvert à sa famille, celui qui s’est précipité sur ses pinceaux et réfugié dans son atelier de Wissant, la retraite venue, pour se livrer à ce qui le fascine depuis toujours : la création ?

[Vincent Cordonnier entre les « Chemins de mort » (à gauche) et les « Chemins de vie ». VDN]

Il ne faut surtout pas rater la vingtaine de toiles qu’il expose, jusqu’au jeudi 6 février, à Notre-Dame de la Treille. Elles revisitent l’Ancien et le Nouveau Testament. Le Flamand de souche y retrouve la façon de faire des maîtres du XVe siècle. Pieter Brueghel, Jérôme Bosch se sont penchés par-dessus son épaule ! Ses Noces de Cana (nº 9), par exemple, sont précises, vivantes, paysannes à souhait. Chaque personnage est une anecdote, l’ensemble est une histoire qui ramène l’observateur en enfance, dans un monde où surgit… le miracle ! L’eau transformée en vin. Le bois et l’huile de la peinture, en fenêtre sur l’éternité.

Dieu est un artisan du monde

« Un jour, raconte le peintre Cordonnier, un cousin Chartreux m’a dit : « Vincent, tu n’as pas le droit de représenter Dieu ! » » Alors, il a obéi. À la façon des musulmans, le visage de Dieu n’apparaît quasiment pas dans son œuvre. Mais le retraité, le patriarche Vincent Cordonnier, lui, ne s’en est pas laissé conter. Il a trouvé une solution. De Dieu à la Création, il n’y a qu’un pas. Et de la Création à la façon dont l’homme s’y prend pour ressembler à Dieu, pour créer à son tour un univers, il n’y a qu’un chemin : celui de la main. Il n’y a pas plus proche de la main créatrice de Dieu que la main de l’artisan. Vincent Cordonnier jette un regard malicieux, et il en convient volontiers : « C’est le mot juste, dit-il, Dieu est un artisan du monde ! »

Toutes les toiles de Vincent Cordonnier sont belles et nous portent à la méditation. Pour autant, l’exercice demande un petit peu de temps : il faut absolument vous poser devant la Création du monde (nº 1), ou les Chemins de vie (nº 16) et vous laisser prendre par… la main de Dieu ! Pour ne pas être rattrapé, dans les Chemins de mort (nº 17), par… la main du Diable !