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Les Jeunes, Porteurs d’Espérance ?

Débats en Weppes – Lundi 27 avril 2015.

Ce lundi, nous étions plus d’une centaine pour recevoir Sœur Nathalie Becquart, Directrice du Service National pour l’Evangélisation des Jeunes et les Vocations. Elle était accompagnée de Charles Antoine Decap, étudiant à Lille et membre de l ‘Equipe Nationale de la Pastorale Etudiante.

Nous les avions invités car, il faut bien l’avouer, nos jeunes inquiètent les générations précédentes : nous sommes inquiets pour eux, nous ne savons pas comment les « rencontrer », nous pensons que nous n’avons pas su leur transmettre nos raisons de vivre…. D’où notre question :

LES JEUNES, PORTEURS D’ESPERANCE ?

Qui sont ils donc ? Quelques éléments qui caractérisent la tranche 18/30 ans :

Ils se sentent une génération sacrifiée qui arrive dans une société qui ne les accueille pas. Leur taux de chômage est le double de la moyenne, les CDI sont rares, les logements sont inaccessibles,…Cela est source d’angoisse

une génération connectée qui a vécu les progrès technologiques qui, plus que des outils, créent leur environnement naturel, un nouveau mode de vie. La culture de l’écrit est remplacée par la culture de l’écran !

La vie en réseaux change l’organisation de vie : dans un réseau personne ne dirige, mais on trouve des animateurs, des leaders. Les relations hiérarchiques (verticales) sont remplacées par des relations entre pairs (horizontales) : le mot d’ordre ne marche plus, remplacé par le « bouche à oreille ».

Sans normes structuréesacquises, ils acquièrent leurs valeurs par l’expérience. Aussi l’image de la mosaïque les caractérise bien. Tout est question sans réponses universelles.

La mer est aussi une image qui leur va : un monde infini, mouvant, parfois instable et peu prévisible. Ils apprennent à gérer dans un contexte incertain !

Ils sont branchés sur le monde entier, aussi bien par Internet que par les échanges physiques qui sont encouragés et facilités (programma Erasmus, voyages low cost,…). Plus que les générations précédentes, ils sont citoyens du monde, solidaires du monde.

Ils vivent plutôt dans l’instant, à court terme, ce qui n’empêche pas l’engagement.

Les inégalités s’accroissent entre eux par la disparité des réseaux, l’école, l’environnement socio-économique de la famille….

Tout ce qui précède nous amène à ne pas tout comprendre et à ressentir des attitudes contradictoires à nos yeux, selon nos références. Ainsi par exemple :

      Ils communiquent beaucoup, mais le sentiment de solitude est très développé.

      Ils sont de fait très protégés, abrités, mais sont anxieux.

      Sportifs, ils ont le goût du succès, mais une vraie peur de l’échec.

      Ils sont ouverts, mais jaloux de leur identité

      ….

On semble parfois être passé de l’homo faber à l’homo ludens, du labeur au jeu :

  • la posture du « sachant » méthodique est remplacée par l’apprenant intuitif
  • le travail et le dévouement sont remplacés par le jeu, le plaisir et l’expérience
  • le futur est remplacé par l’instant
  • la figure dominante du père (ou du prof) est remplacée par celle de la tête le réseau
  • l’application et l’organisation ont fait place à la création personnelle
  • l’ordre, l’efficacité, le pouvoir font place au réseau, à la socialisation et à la participation
  • l’expertise, l’individu, la compétition font place à la connectivité, au collectif et au faire savoir

Sur le plan religieux, qui sont les « cathos 2.0 » ? On constate un nouvel engouement pour la liturgie et pour l’Eucharistie,  pour les rassemblements festifs et les marches, pour les figures spirituelles, pour la prière entre pairs, à la recherche de spiritualité et d’actions solidaires, d’innovation créatrice. Ils manifestent une grande soif de spiritualité et d’expériences, de repères et de formation, d’ouverture et de propositions fortes, de rencontres et de relations vraies. Ils attendent une Eglise de questionnement et d’échanges, d’amitié et de reconnaissance, qui rende possible la découverte du Christ, qui soit lieu d’une rencontre personnelle offrant le choix de devenir disciple.

L’intervention de Sœur Nathalie a été ponctuée de témoignages de Charles-Antoine nous faisant part de son vécu qui confirme la pertinence de la présentation. En particulier, il constate que les cathos ne se cachent plus…. Il existe même une « catho sphère » sur le net… Et il insiste sur le fait que sa génération veut rester libre de ses choix dans une Eglise à réinventer. Un coup de chapeau particulier pour notre Pape François qui « twitte » tous les jours….

 

Quelle place pour les générations précédentes et quelle posture tenir si l’on veut les accompagner ?

Un premier point est d’accepter de ne pas considérer que nos façons de penser, de vivre, d’être en Eglise sont les seules possibles : « on a toujours fait ça » n’est pas une indication utile !!!

Un second point est d’accueillir avec bienveillance leurs questions, leurs attitudes, leur mode de vie, sans pour autant tout approuver : ce n’est pas ce qu’ils attendent , mais des échanges vrais, « à égalité ».

Il nous faut aussi savoir reconnaitre que le monde change et donc la façon de l’habiter et de le créer.  Une chose est certaine : rien ne sera plus comme avant, donc nous devons, sans nous renier, savoir accepter des attitudes nouvelles qui nous étonnent mais qui sont les leurs.

Il nous faut éviter de juger leurs actes et attitudes à partir de nos critères, car ceux-ci n’ont plus cours dans leur monde. Il nous faut aussi savoir écouter pour discerner ce qui est un progrès humain dans ce nouveau monde qui nait.

Sœur Nathalie nous a rappelé un passage de la lettre de notre Pape François (la Joie de l’Evangile § 105) dans lequel il insiste sur cette attitude bienveillante nécessaire pour que nos relations avec eux portent du fruit. Elle nous a fait part aussi d’une remarque du Frère Radcliff (ancien prieur général des dominicains) constatant que les catholiques sont davantage prêts à faire des efforts pour comprendre les autres religions qu’à avoir cette même attitude vis-à-vis de catholiques qui ne pensent pas exactement comme eux !

En bref, si nous voulons accompagner les nouvelles générations, nous devons savoir les écouter au lieu de les juger et accepter que le monde et l’Eglise qu’ils bâtiront soient différents de ceux que nous avons connus et édifiés.

 

                                            Compte rendu établi par Gaston Vandecandelaere

Pour plus d’informations voir ci-dessous le diaporama que Sr Nathalie a utilisé et consulter le site de la conférence des Evêques de France http://cef.fr